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Shaping together the future of tourism
5, 6 et 7 Septembre 2018

Think Tank international

Actus innovations

Visions d'Experts édition 2018

2050: l’âge de l’abondance

 

2050 c’est demain. Nous n’aurons pas le temps de transformer nos infrastructures de transport ni d’hébergement dans un délai si court. Pourtant, nous savons tous que notre mode de vie actuel menace notre futur.

 

On peut imaginer et tendre vers un futur de technologies miraculeuses, de nouvelles infrastructures et d’abondantes sources d’énergie propre mais ces solutions arriveront-elles à temps?

 

De façon plus réaliste nous avons dès à présent une opportunité entre les mains: l’intelligence artificielle qui permet de prévoir les comportements individuels couplée à l’économie du partage qui rend possible la mutualisation les ressources.  Grâce à ces deux innovations nous évoluons rapidement d’une société de la consommation à une société de l’accès.

 

Nous n’avons plus besoin de posséder en exclusivité tout ce que nous utilisons au quotidien. Dans le domaine du transport des outils comme Uber,  Zipcar, Vélib’, CityScoot etc… nous offrent déjà un accès premium au transport pour un coût bien inférieur à celui lié à la possession d’un véhicule et sans les contraintes techniques. Dès que nous aurons massivement adopté ces plateformes comme principale modalité de déplacement tous les automobilistes urbains pourront aller au boulot le matin avec 60% de voitures en moins réduisant drastiquement nos émissions de CO2. Et ça n’est qu’un début car ce modèle basé sur l’accès plutôt que sur la propriété se propage progressivement à tous les secteurs de notre économie.

 

2050 ne sera pas un monde apocalyptique mais une terre d’abondance, essentiellement urbaine ou nous posséderons moins mais ou nous aurons plus. Si non on peut tenter notre chance sur Mars.

 

Benjamin Devisme

VP @ Colossal Factory









Les enjeux juridiques de l’utilisation des objets mobiles identifiés en 2030 – Retour vers le futur ?

 

L’utilisation de véhicules autonomes soulève de nombreuses problématiques juridiques aujourd’hui sans réponse. Ces dernières sont protéiformes tant de par leur objet (types de véhicules concernés / stades d’automatisation) que de par les enjeux qu’elles soulèvent (sécuritaires/industriels/etc.). Pour l’ordre juridique répondre à ces problématiques est un véritable défi. Nous tenterons d’apporter des éléments de réponse à titre prospectif en examinant notamment les questions de la forme possible de la réglementation, de la responsabilité, de la sécurité et enfin du traitement des données.

 

Dimitri Gaulis

Avocat 3D Legal (Suisse)

 

 

The last tourist

 

Across the globe, tourism is undergoing massive and sustained change. Traditionally, tourism has been positioned and organised as an industry sector, the market is king, and industry’s interest in growing tourism has dominated governments’ policy making. This is tourism in the Capitalocene, where governments have responded with policy aimed at stimulating demand, growing capacity, reducing barriers to investment, and improving industry performance. But major disruptive transformations lie ahead, and the traditional industrial model of tourism, as a driver of capitalism and globalisation in the 20th century, will be dramatically challenged. What lies ahead? In this new order, the tourism industry is moving away from Fordist industrial models of production and consumption; tourism is de-industrialising and its traditional structures (i.e. supply chains, management structures, etc.) are reconfiguring. Digitalisation, open innovation, distributed production and smart interconnectivity are transforming tourism practices, and its physical, environmental and social landscapes. The Anthropocene reminds us that we live within finite planetary boundaries, our environmental resources are limited, and our social and cultural capacities to absorb change are bounded. This presentation will discuss what these blurring of boundaries between home and away, visitor and resident, tourism and leisure and so on, and what this means for the production and consumption of tourism. It calls us to reconceptualize notions of responsibility and care.

 

Dianne Dredge

Professor, Tourism Policy and Destination Development

Aalborg University, Denmark

 

 

Essayer d'imaginer les musées,  les sites archéologiques, le lien entre eux et l'environnement culturel, à l’horizon 2050, nous ne pouvons pas ne pas essayer d'imaginer en parallèle l'interaction de divers facteurs, tels que le changement climatique, les changements géopolitiques etc. L'impact que ces changements en cours pourraient conduire, doit être pris en compte dans la planification du tourisme culturel en général, principalement pour la sécurité des musées, des sites et des paysages culturels ainsi que des visiteurs.

 

Au cours des 30 dernières années, des changements importants  ont été enregistrés dans le secteur du tourisme culturel, et non seulement. Ces changements concernaient la facilité du mouvement, aussi bien que l'évolution technologique avec l'introduction à l'interaction virtuelle avec des objets et les sites.

 

 En ce qui concerne les 30 prochaines années, l'accent devrait être accordée à la conception des musées et à la promotion des sites archéologiques, mais aussi à la connexion entre eux. Cette connexion doit se réaliser à l'approche des communautés locales,  les groupes de différents niveaux d'éducation, de différentes cultures, les personnes handicapées, les réfugiés, les immigrants, des groupes défavorisés en générale.

 

Avec des activités pour tous les âges, avec l'expérience pratique et des unités thématiques qui vont inclure même la participation et des applications interactives sur la gestion des risques, tels que ceux mentionnés ci-dessus, nous pourrions travailler avec le public pour la protection et la promotion du musées et sites. Avec ces approches, le message "de la connaissance de l'expérience passée pour un avenir meilleur" sera mieux communiqué à tout le monde.

 

Anastasia Tzigkounaki

Director of the Ephorate of Antiquities of Rethymno, Crete, Greece.

 

 

Gastronomie 2025 : Plus le circuit est court, plus la note sera salée ? »  

In the last few years the emotional and experiential nature of tourism reshapes its relationship with food as cultural heritage. Tourists want a ‘’sustainable’’ experience and seek to immerse themselves in culinary - gastronomic experiences  that are perceived to be traditional and local. Local foods with ancient origin are conceptualised as “authentic” products that symbolise the place and culture of the destination.   

Thus, one of the biggest food trends in the next coming decades will be the culinary storytelling.  In this content the reinvention of ‘’ancient foods’’ and the interpretation of the ancient gastronomy  together with the sourcing of ingredients from the immediate vicinity and the promotion of cultural diversity  will play important roles. The culinary tourism will offer much public history, experimental and public archaeology, narratives about  hyperlocality as a precious kind of heritage, rich sensory experiences and a hedonistic approach to the identity of the local food. It will also contribute to a more distinct local culture  that will be interesting both to locals and high- value tourists.

However,  it is clear the need for further research regarding the challenges, opportunities and threats that  it will have to face not only because of the social, economic, political and environmental changes but also because of the relationship of food and the production of ideology.

Having studied Sociology and Archaeology, Mariana Kavroulaki  specializes in Experimental, Sensory and Public Food Archaeology.

She  is the founder and organizer of the Symposia of Greek Gastronomy, which are  biennial weekend-long meetings devoted to all aspects of Greek food and drink & encourage cross-cultural and interdisciplinary dialogue (www.greekgastronomy.wordpress.com).  Mariana is the owner of Greek Culinary History & Cooking Adventures, a studio that explores the evolution of Greek cuisine throughout the centuries and encourage people to rethink historical dining through  period cookery lessons, sensory historical food walking tours, multi-sensory history-themed dinners and interactive lectures

(www.historyofgreekfood.weebly.com).  

She is a Board member at Historical, Folklore & Archaeological Society of Crete and the local organizer of the conference ‘’Communication across Cultures: Challenges and Prospects in the Global Context’’ (September 29, 1918. https://culturesconfechania.wixsite.com/culturesconfechania)

Kravoulaki Mariana

 

 

Et si nous ne parlions plus de tourisme? 

Si nous parlions de curiosité, d'empathie, de passion artistique, d'expériences transformatrices, en somme, de l'essence du voyage, celle qui permet de connaître l'Autre et se connaître soit même. 

Le tourisme ne serait alors que l'industrie qui se responsabilise des questions logistiques en mettant à la disposition d'individus en quête de découverte et de sens, des ressources matérielles, technologiques, mais surtout humaines.  Les technologies et l'architecture seraient à la fois des ressources et le résultat de l'innovation humaine, sous toutes ses formes, en tous points du globe. Un moyen de connecter, d'étonner, de se surpasser.  Au sein de cette nouvelle configuration, l'humain n'est plus seulement l'intermédiaire entre les touristes et le patrimoine, il est lui-même le patrimoine. 

 

Cette introduction, aussi utopique semble-t-elle, n'est autre que la réalité actuelle ou tout au moins, le futur proche du secteur touristique. 

Une tendance croissante vers des valeurs toujours plus immatérielles, et qui se traduit par une demande aussi plurielle que versatile. 

S'il s'agit bien de la réalité, il est urgent d'en prendre conscience, car une telle disruption n'est pas de gestion aisée. Elle suppose et impose d'écouter les voyageurs, de converser avec eux afin de connaître la spécificité de leur demande et bien sûr, de la satisfaire. Cela fait apparaître de nouveaux défis, notamment celui de travailler avec les nouveaux acteurs du tourisme, tous ces "dream-makers", artisans, artistes, ainsi que toute personne qui se sente accomplie en partageant ses savoirs et ses traditions. 

Mais cela vaut vraiment la peine, car les opportunités sont grandes en termes de développement des connaissances, dynamisation du territoire, attractivité, durabilité, et toute la chaîne de valeur qui se créé.

Le tourisme créatif, au delà de la demande spécifique qui le définit originellement (Richards, Raymond 2000), s'offre désormais comme le couteau suisse de ce nouveau tourisme, qui met la créativité au service de la gestion des destinations et du développement des territoires. Il est en quelque sorte un instrument commun des économies récentes, telle que l'économie de l'expérience, l'économie du savoir et de l'immatériel, l'économie créative, l'économie circulaire, pour ne citer que quelques-unes. 

 

Et puisqu'il s'agit de terminologie, "tourisme de savoir-faire", "tourisme expérientiel", "tourisme transformationel", la liste est longue et s'accroît un peu plus chaque jour, mais le message reste le même : misons sur l'humain, sur la différence et sur le local, pour toucher l'universel et garantir la durabilité. 

Et où peut-on le faire mieux qu'à Vixouze, baignés par l'authenticité du Cantal, et inspirés par la riche identité de l'Auvergne!

 

Caroline Couret

 

 

En 2050, l’intelligence artificielle et les robots n’ont pas encore tout à fait dépossédé l’Homme du travail, mais ils le déchargent de toutes les tâches pénibles et ingrates.

Ainsi, il peut se concentrer uniquement sur celles à très forte valeur ajoutée. La puissance et la maîtrise du « SmartData » permettent de devancer les attentes et les besoins – encore à l’état latent – des consommateurs.

Le tourisme de masse a laissé la place à un tourisme d’espace, réservé aux plus riches, mais plus viable sur le plan social, sociétal et environnemental, tout en restant très rentable économiquement.

Malgré plus de 3 milliards de voyageurs annuel, les progrès en matière de mobilité et de gestion des flux ont abouti à créer un monde sans friction pour une expérience de vie globale plus fluide, optimisée et ultra personnalisée.

 

Armelle Solelhac, Présidente de SWiTCH

 

Imaginer la mobilité touristique demain nécessite de comprendre les nouvelles attentes nées de la révolution digitale. La révolution digitale change le monde, change nos modes de vie et les changent de manière permanente. Aujourd'hui en quelques secondes et sans avoir à se déplacer, avec l'accès au monde numérique par les smartphones, nous avons cette capacité quasi infinie d’alternance pour apprendre, découvrir, se cultiver, avoir des relations sociales avec des « amis », se créer des réseaux, se divertir, consommer, flâner sur le net comme on se promenait dans un parc, …

Ces nouveaux modes de vie sont marqués par l'accélération, par l’immédiateté : la volonté d'avoir accès à tout et tout de suite. A vivre surtout. Vivre pleinement aussi car le sens est redevenu le moteur de l’action humaine.

Quelles sont les nouvelles attentes des touristes :

 

- La connexion au village mondial pour être à la hauteur des attentes projetées grâce au numérique,

- L’individualisation : je suis unique je veux façonner mon expérience à mon image,

- L’authenticité : vivre la vraie vie des locaux, ressentir le pouls, vivre des moments de partage,

- L’exigence : à la fois la qualité de l’expérience et engagements en terme de Responsabilité Sociétale des Entreprises.  

 

- L’expérientiel, décloisonné, multi facettes dans un même séjour selon les envies de chacun. C’est de plus en plus la demande qui structure l’offre et non plus l’inverse.

 

Pour comprendre EuropaCity, il faut comprendre et anticiper les tendances qui font le monde de demain. Proposer l’immédiateté et la diversité qui fait l’attractivité du monde virtuel dans le monde physique, voilà l’enjeu pour faire de nos lieux de vie de demain des lieux attractifs.

 

Qu’est-ce qui va donner, dans les 10-20 ans qui viennent, envie à quelqu’un de sortir de chez lui, de lever les yeux de ses écrans, de ses implants connectés, de se déplacer pour vivre des choses avec d’autres gens ?

 

Notre réponse est Europacity : un éco-quartier urbain inédit doté de multiples infrastructures, des expériences de loisirs et de découverte inédites, accessibles à tous, sans oublier le sens d’un tourisme durable, d’une ville qui sera à la fois la campagne, de la consommation responsable et des circuits courts, un lieu du « en même temps », pour soi, pour les autres.

 

David Lebon,

EUROPACITY

 

LE BIEN-ÊTRE SANS EAU

 

La planète s’assèche. Plus du quart de la population mondiale vit déjà dans des zones en situation de pénurie d’eau. On nous prédit que ce nombre aura doublé d’ici à 2050… scénario noir ? Peut-être pas. En Afrique et en Asie, notamment les besoins en eau vont tripler ; mais, on sait déjà aujourd’hui produire six fois plus de riz avec deux fois moins d’eau et dix fois moins de semence. New York économise déjà plus de 300 millions de dollars chaque année dans le traitement de son eau. Pour autant, toutes ces solutions ont aussi leur propre limite par rapport à la sauvegarde de l’écosystème.

 

Comme aujourd’hui, toutes les destinations touristiques de bien-être pourront-elles continuer demain à offrir de l’eau à des clients qui ne la comptent pas ? Cette eau de plaisir, de ressourcement, d’évasion et de mieux-être, cette eau qui fait qu’avec la science de mains expertes, on se sent si bien.

L’eau thermale, ressource non délocalisable, commence néanmoins, dans quelques pays en Europe, à être objet de discussion, de choix entre santé, tourisme, emplois et production d’énergie, notamment. Certes, la ressource se renouvelle depuis des siècles, mais son volume utilisable est limité. D’où de plus en plus fréquemment, ce débat entre « qui rapporte » et « qui économise ».

Et dans d’autres lieux du Monde, la population locale attend toujours que, grâce à cette même ressource pas, peu ou mal exploitée chez eux, vienne le tourisme pour sortir de la pauvreté.

 

Le tourisme de bien-être est très tendance, dans l’air du temps de nos pays développés ; parce que nous en ressentons intimement le besoin.

Bien avant 2050, on nous fera avaler qu’il faut acheter du e-bien être, connecté et, pour une part de notre déplaisir, un bien-être asséché.

Probablement et heureusement, subsisteront des destinations où santé et bienfaits de l’eau continueront de signifier bien-être vrai. Cependant, soit et sans doute à condition de devoir, comme dès maintenant pour les sites les plus beaux et les plus rares du patrimoine naturel, culturel ou architectural, limiter, sélectionner les visiteurs. Soit mais qui s’y prépare déjà, à inventer un tourisme de bien-être avec moins d’eau !!

 

Gérard André

Président de Tempo Hospitality Consulting SA

 

 

L'hébergement de demain sera celui qui nous ressemble.

Le monde est en constante évolution. Les habitudes, les façons de vivre, de travailler, d'être des hommes et des femmes n’ont jamais changé à une telle vitesse. C'est cette évolution qui nous permet d'imaginer aujourd'hui l'hébergement de demain.

Parce que nous avons besoin de nous reconnecter aux autres et à la nature, nous ne pouvons pas imaginer un hébergement sans un lieu de vie, de rencontres, d'échanges. On imaginera aussi un espace intelligent, fonctionnel, et respectueux de l'environnement.

Grâce aux innovations techniques et technologiques tout devient possible. La chambre offrira une expérience complète, unique et immersive. Une atmosphère de bien-être garantira le sommeil à tous nos clients à travers les 5 sens. Hyper-personnalisée, la pièce s'adaptera à chacun : assistance digitale, chatbot, utilisation personnelle des écrans, du son et de la lumière. Aujourd'hui déjà la salle de bain prend une place de plus en plus importante, tant en volume, en équipement, qu'en confort et design. Elle aura un rôle clé demain.
L'hébergement du futur est aussi celui qui nous accueille tous. Peu importe comment nous voyageons. Seuls, en tribus, en famille, entre amis, pour le travail ; l'hôtellerie de demain sera multiple et pourra toujours nous offrir la chambre adaptée à notre besoin. Elle sera aussi mobile. Ce n'est plus le client qui se déplace demain mais bien l'inverse.

Chez AccorHotels nous sommes convaincus que le meilleur moyen d'imaginer l'hébergement de demain, c'est de le créer. Nous sommes déjà en train d'inventer cet hôtel du futur, et nous le réinventerons encore demain.

Franck Gervais, Groupe ACCOR

 

Le transport terrestre et aérien malgré leurs grandes maîtrises techniques sont victimes de leur succès, ils devront tôt ou tard être repensés profondément.

L’expérience du projet Clip-Air, entre autres, a montré tout l’intérêt d'en connaître l’environnement le plus largement possible, allant de l’aéronautique à l'urbanisme.  Une exploration des transports d’autant plus intéressante qu'elle serait induite par des préoccupations environnementales et des questions liées aux vecteurs d’énergie futurs.

Une recherche qui va demander du temps, car pour se transformer en une innovation concrète à long terme elle se devra de prévoir la transition entre des systèmes énergétiques différents, ceci étant un des grands défis pour changer de système.

 

La capacité humaine d’imagination et d'inventions constitue une véritable réponse à ses défis. Cependant il faudra aller bien au-delà des relations simplistes clients-constructeurs pour dépasser notre Ancien Monde fonctionnant pour beaucoup sur l’extraction et le type d’économie qui en résulte.

Une qualité d’innovation libre d'archaïsmes pour penser le futur? Oui cela semble bien ambitieux!

 

Mais c’est ce que les entretiens internationaux du Tourisme du Futur devraient permettre d’initier et de supposer, démarrer maintenant pour les 50 prochaines années.

C’est pourquoi des projets seront ainsi démontrés, non axés sur leurs technologies qui ne sont pas une fin en soi, mais avant tout sur leurs utilisations, et si possible sur leurs complémentarités, leurs flexibilités et durabilités.

 

Par exemple dans les domaines très conservateurs du ferroviaire et de l’aérien, des matériaux recyclables inattendus, ou d'imaginer le centre-ville de demain en reconsidérant le trottoir, ou alors l’effet de la modularité dans les avions ou encore jusqu’aux stratégies d’habitats prévus pour l’exploration du système solaire, etc.

 

Cela n’est pas un simple vœu, c’est un choix possible et c’est précisément sous cet angle que le Forum des Imaginaires sera proposé. VOIR LOIN

 

Claudio Leonardi

Chef de projet Clip-Air, EPFL (Suisse)

 

 

Les musées dans le tourisme : peut-on tracer une perspective à 30 ans ?

 

Le musée est un équipement de loisirs. La fonction du musée est de permettre au public d'apprendre avec plaisir. Qui dit public dit aujourd’hui tourisme. D’autant plus que la définition du tourisme est aujourd’hui aussi difficile à exprimer que celle de l’art…  Certains auteurs vont jusqu’à considérer qu’« un individu fait du tourisme quand il a le sentiment d'en faire ». Si le tourisme est indispensable au musée, l'inverse est également vrai. Pour une destination dite « culturelle » comme la France, il paraît hasardeux, voire impossible, d’imaginer une activité touristique sans musée. Rompant avec le musée traditionnel, le musée « événementiel » est instrumentalisé par les politiques urbaines et l’économie. Il représente de plus en plus une opportunité de conduite d’une transformation de la ville.

Sur la longue période, on a assisté à une explosion des fréquentations des musées nationaux en France qui sont passés de 5 millions en 1960 à 31,6 millions de visites en 2014 (en incluant le Mucem situé à Marseille), puis redescendra à 27,6 millions en 2016 en conséquence directe des attentats. 

 

Il faut se garder d’une analyse en termes de croissance permanente et indéfinie des fréquentations. 

En fait, si les fréquentations deviennent de plus en plus déterminées par les tendances lourdes du tourisme mondial, l’intérêt des populations s’oriente vers un tourisme domestique.

 

Il faut se garder donc de la représentation du tourisme « en short » qui prévaut encore chez nombre de commentateurs ou dans la représentation que s’en fait l’opinion (voir la caricature offerte par Musée haut, Musée bas, de Jean-Michel Ribes en 2004).

 

Le musée a changé profondément. D’abord centré sur ses collections, ses politiques d’acquisitions et sur une offre permanente,  Il constitue aujourd’hui un ensemble beaucoup plus diversifié, « protéiforme ». En retour, on s’interroge trop faiblement  sur les pratiques au sein du musée qui est l’un des territoires de la mobilité touristique, espace de parcours et de déambulation. La faiblesse des projets réside dans une insuffisante réflexion sur l’interaction entre l’intérieur et l’extérieur et notamment aux abords des musées. Par ailleurs, une certaine naïveté est à observer en ce qui concerne la fonction et les objectifs assignés aux commerces, aux espaces de restauration, et aux abords du bâtiment muséal. Cette périphérie muséale pourrait constituer une tendance que le musée et ses œuvres,  constitueraient  dans le futur,  à horizon de 20 à 30 ans, des éléments du développement culturel rapprochant davantage le citoyen des œuvres culturelles.

Cette excroissance culturelle « choisie » pourrait revêtir une importance capitale dans le développement touristique mondiale.

 

Jean François Chougnet

Président du MUCEM

 

 

Et si les robots, les progrès technologiques et la digitalisation de la société avaient pour effets non pas simplement de remplacer l’homme par la machine, mais aussi de replacer l’homme au cœur de la vie sociale, de rappeler la relation humaine à sa place et à son importance ? Prenez un simple exemple dans le domaine de la santé. Là où des robots humanoïdes ont été placés dans des hôpitaux pour effectuer des tâches répétitives, le personnel soignant a pu retrouver du temps pour remplir des missions dans lesquelles il apporte une réelle valeur ajoutée. Plus de contact humain, plus de relationnel, plus de chaleur et de conseil : c’est un fait, les robots peuvent rendre à l’humain un rôle qui avait parfois tendance à se dissoudre.    

Ce constat vaut dans tous les secteurs de l’économie. Et celui du tourisme n’y échappe pas. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la révolution numérique n’éteint en rien ce marché. Aujourd'hui, la technologie place le monde au bout du doigt. Les Skype, What’s App ou les drones réduisent les distances et semblent presque dans la théorie remettre largement en cause la nécessité de se déplacer, de prendre un train, un avion... Et pourtant, en pratique, le marché du tourisme continue de croître : + 7% en 2017 selon les chiffres de l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme).  On continue de voyager, de bouger, d’aller voir de ses yeux. Pourquoi ? Parce que l’EXPERIENCE devient la règle. Les touristes veulent vivre les choses, vivre des moments uniques et des instants pour de vrai. Demain, nous serons capables grâce à la réalité virtuelle de nous plonger dans un le réplica numérique d’un lieu situé à l’autre bout du monde, d’explorer le grand canyon depuis une chambre d’immeuble parisien. Mais nous continuerons de prendre un billet d’avion pour aller randonner sur les chemins de l’ouest américain. L’expérience en réalité virtuelle servira à vendre le voyage ou à donner un aperçu, sans pour autant le remplacer. Cette sorte de retour aux sources pourrait donc se jouer avec les progrès technologiques comme alliés. Ce ne sera qu’un outil complémentaire. Dans 30 ans, dans chaque hôtel, l’on pourra non seulement s’adjoindre les services de robot pour le room service, le service pressing ou d’autres prestations – ce qui a déjà commencé, mais l’on pourra aussi se servir des robots pour des traductions instantanées, comprendre et se faire comprendre dans toutes les langues du monde. Il suffit de voir comment des plateformes comme Airbnb ont changé nos habitudes et notre façon de consommer nos voyages pour comprendre que les progrès techniques ne tuent pas un système mais le transforment pour le rendre parfois plus accessible, plus authentique ou simplement différent.     

 

 

Fabrice Goffin & Tommy Deblieck

Administrateurs, Zora Robotics   

            

Le tourisme est sûrement l'un des axes majeurs de l'économie du futur.

L’évolution historique à l'échelle du monde, du temps de travail montre que demain, nous travaillerons moins et mieux.

La théorie des temps décrient les bouleversements attendus de l'organisation sociale de nos sociétés.

L'écologie et la santé sont déjà au cœur de nos démarches spirituelles.

L'alimentation nourrit de nombreuses controverses utiles à nos aspirations au bien vieillir. Aussi, je suis persuadé qu'il nous faut sortir des politiques de l'offre pour aller vers la prise en compte de la demande dans le cadre de l'économie du temps libre et choisi.

Observons le développement du bien-être du corps et de l'esprit dont se sont emparés de nombreux territoires du monde en recherche de singularité. Se rendre à Okinawa pour apprécier la longévité de ses centenaires est devenu une destination originale.

Repenser là, maintenant le tourisme du futur à Vixouze dans le Cantal au cœur de l'Auvergne est une nécessité voir plus un impératif.

 

Claudy Lebreton, ancien Président de l’ADF, Expert territorial

 

 

Le tourisme à l’Âge de la responsabilité universelle

 

Transportons-nous de l’autre côté de l’espace-temps, vers le futur et l’ailleurs. Car à l’horizon 2050, nous avons rendez-vous avec un autre monde – dont seront bannis l’agriculture intensive, l’élevage industriel, le nucléaire, le bétonnage, la surconsommation programmée via les algorithmes de la data économie.

En 2018, la vie quittait notre planète, confrontée à la 6ème extinction massive causée par l’action humaine. Les mathématiques de l’Anthropocène prédisaient la mort des océans en 2048 et on se demandait comment survivre au manque d’oxygène que le plancton marin fournit à 50%. C’est à ce moment critique, qu’en 2020 une révolution de l’amour et de la compassion changea totalement la donne. Cette révolution avait été appelée en 2017 par le Dalaï-lama, qui se fondait sur les développements récents des neurosciences affectives et sociales expliquant qu’on avait mal lu Darwin. Non, la compétition dressant chacun contre tous n’était pas soutenable, en réalité les espèces avaient survécu grâce au partage et à la solidarité.

Sur la planète, les millenials imposèrent les valeurs d’entraide et de responsabilité universelle. Une nouvelle humanité définit la personnalité juridique de l’écosystème Terre, optant pour l’écotourisme équitable, dans le respect fraternel de toutes les formes de vie humaines et non humaines.

 

Sofia Stril-Rever, auteur de plusieurs livres avec le Dalaï-lama et sœur Emmanuelle. Avec le Barreau de Paris, elle a initié la formation Droit et Conscience www.droitetconscience.org

 

 

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